Facteurs génétiques et habitudes de vie : peut-on agir pour notre santé cardiovasculaire malgré l’hérédité?

Fondation, en collaboration avec la Dre Marie-Pierre Dubé, directrice du Centre de pharmacogénomique Beaulieu-Saucier de l'Institut de Cardiologie de Montréal

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On dit souvent que la pomme ne tombe jamais bien loin de l’arbre… Et si, grâce à de bonnes habitudes de vie, on pouvait la faire rouler pour déjouer l’hérédité? La Dre Marie-Pierre Dubé, directrice du Centre de pharmacogénomique Beaulieu-Saucier de l’Institut de Cardiologie de Montréal, démontre l’influence considérable de divers facteurs modifiables sur les risques de maladies cardiaques déterminés par le bagage génétique.

Comprendre l’humain dans sa globalité : génétique et environnement

S’il est vrai qu’on ne choisit pas d’où l’on vient, peut-on choisir où l’on va? La Dre Marie-Pierre Dubé, qui consacre sa carrière à l’étude de la génétique, le croit. « L’apport génétique, notre bagage, est non modifiable, mais qu’en est-il des facteurs qui eux sont modifiables? Le médecin français Boris Cyrulnik, dans une conférence sur le fatalisme génétique, a soulevé l’idée que pour comprendre un individu, il faut considérer la transaction entre ce qu’il est et ce qui est autour de lui. » Ainsi, l’environnement dans lequel une personne évolue est également à prendre en considération. Il s’agit là d’un point de départ pour comprendre l’humain dans sa globalité et évaluer son pouvoir d’action.

Facteurs modifiables : les habitudes de vie en tête

Selon la chercheuse et professeure, lorsqu’on parle de maladies cardiovasculaires, de nombreux facteurs modifiables entrent en jeu. Au-delà de l’hérédité, ce sont les habitudes de vie qui sont véritablement déterminantes.

« L’alimentation, l’activité physique, le sommeil, la qualité de l’environnement social et bien d’autres éléments sur lesquels on peut agir jouent un rôle important, peu importe les prédispositions génétiques d’une personne. »

Une étude qui remet en question le fatalisme génétique

En 2016, la New England Journal of Medicine publie une étude phare qui ouvre la voie aux nombreuses recherches subséquentes. Très édifiante, elle révèle sans équivoque l’incidence des bonnes habitudes de vie sur le risque de maladies cardiaques chez les patients présentant des risques génétiques.

Selon quatre critères (activité physique, alimentation, absence d’obésité et absence de tabagisme), un score a été attribué à chaque participant à l’étude et mis en parallèle avec un score polygénique de risque de maladies cardiaques.

Une réduction des risques cardiovasculaires à la portée de tous

La Dre Marie-Pierre Dubé, qui dirige une équipe de chercheurs au Centre de pharmacogénomique Beaulieu-Saucier, s’appuie sur les résultats tangibles de cette recherche. « L’étude démontre que peu importe la catégorie de risque génétique (faible, intermédiaire ou élevé) auquel on appartient, les bonnes habitudes de vie diminuent le risque d’événements cardiaques sur 10 ans. Ceux qui, dans la loterie génétique, ont eu moins de chance en recevant plus de facteurs les prédisposant à des événements cardiaques arrivent à réduire considérablement les risques auxquels ils sont exposés en adoptant de saines habitudes de vie. »

L’étude met également en relief le fait qu’une personne qui présente un faible risque génétique et qui adopte de mauvaises habitudes de vie présente le même risque d’événements cardiaques qu’une personne exposée à un risque génétique élevé qui adopte de meilleures habitudes.

Graphique « Impact des habitudes de vie et du risque génétique sur les événements cardiaques »

L’influence des saines habitudes de vie sur les autres facteurs génétiques

Au cours des dernières décennies, plusieurs études de fond ont permis de confirmer la possibilité de déjouer l’hérédité sur d’autres terrains que celui des maladies cardiovasculaires.

« L’apport positif des saines habitudes de vie, relativement aux risques génétiques, est observé dans la prévalence du cancer du sein, de la démence, du diabète, de l’obésité, de la dépression et de plusieurs autres problèmes de santé. »

Des données corroborant l’importance de la prévention, qui agit sur tous les fronts.

La Fondation du Cancer du sein du Québec insiste sur l’apport relatif des facteurs de risque modifiables et non modifiables, et propose, comme le Centre ÉPIC de l’Institut de Cardiologie de Montréal, l’adoption de bonnes habitudes telles qu’une alimentation saine, une consommation modérée d’alcool, le maintien d’un poids santé et la pratique régulière d’activités physiques.

Se fonder sur la science pour se libérer des fausses croyances

Passionnée de médecine de précision, la Dre Marie-Pierre Dubé réitère l’importance de la science et du rôle des gènes impliqués dans les maladies, tant pour la prédiction des risques de maladie que pour la mise au point de nouveaux médicaments.

Elle nous met toutefois en garde contre le fatalisme génétique, où seule l’hérédité serait considérée comme déterminante pour notre devenir. « On peut mettre une croix sur la posture fataliste du “à quoi bon, c’est de famille” et sur la posture d’annulation où l’on se dit que “la génétique n’a rien à voir là-dedans”. Grâce à la science, on s’éloigne des croyances véhiculées au profit d’une posture éclairée : “la génétique aide à prédire le risque, et les interventions visant l’adoption de saines habitudes sont utiles pour tous.” »

La Fondation est indispensable à cette sphère d’activités de l’Institut de Cardiologie de Montréal. Nos donateurs nous permettent de soutenir les équipes de professionnels qui, comme la Dre Dubé, consacrent leur énergie à faire progresser la recherche en médecine de précision et améliorent la qualité de vie des patients qui vivent avec une maladie cardiovasculaire. Le Centre ÉPIC de l’Institut de Cardiologie de Montréal joue lui aussi un rôle important dans la prévention en santé cardiovasculaire. De nombreuses recherches y sont d’ailleurs menées dans le but de prolonger la vie en santé des patients.

Alors, la prochaine fois que vous partagerez un bon repas ou ferez une longue promenade en famille, vous pourrez redéfinir le sens de l’expression « tel père tel fils, telle mère telle fille »!

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