Quand un parcours de vie, une reconnaissance et une décision partagée deviennent un héritage pour la recherche et l’innovation en cardiologie.
Assis côte à côte, Mme Andrée Crevier et M. Valère Noël retracent un vécu intimement lié aux avancées de la cardiologie. Au fil des années, ils ont vu la science se transformer en progrès qui ont marqué, au passage, leur propre trajectoire de vie. Pour eux, ces progrès sont vitaux. Ils se mesurent, dans un premier temps, aux années qu’ils ont pu continuer de partager avec le père de Mme Crevier après son opération chirurgicale à l’Institut de Cardiologie de Montréal, en 1986. Sans le savoir, à ce moment, un lien durable avec l’Institut a pris naissance, et, avec le temps, le faire grandir ensemble s’est imposé comme une évidence.
Aujourd’hui, leur parcours les conduit vers un geste commun : faire un legs testamentaire pour que d’autres puissent, eux aussi, gagner du temps.
Lorsque le père de Mme Crevier est opéré, la cardiologie évolue rapidement. Et bien que les techniques se perfectionnent et que les connaissances progressent, l’avenir demeure toujours un peu incertain. Les années qui suivent s’avèrent alors encore plus précieuses. « La valve a tenu 28 ans », se souvient Mme Crevier.
Au-delà de ce chiffre impressionnant, ce sont les années partagées ainsi que les projets maintenus et l’autonomie conservée qui comptent. Cette expérience donne un sens très concret à l’innovation médicale : elle prolonge la vie et en préserve la qualité.
Des décennies plus tard, la cardiologie devient encore plus personnelle, alors que Mme Crevier doit à son tour subir une intervention en raison d’une fuite de la valve mitrale. La décision se prend à deux, après une discussion franche avec le Dr Michel Pellerin, chirurgien cardiovasculaire.
M. Noël se souvient : « Je lui ai demandé ce qui arriverait si on n’opérait pas. Il a expliqué que l’espérance de vie diminuerait, tandis qu’avec la chirurgie, elle suivrait sa trajectoire normale. »
La clarté des explications et l’approche humaine consolident leur confiance. L’intervention minimalement invasive se déroule bien. La récupération confirme que les progrès observés au fil des ans se traduisent en résultats concrets pour les personnes opérées.
Cette intervention renforce leur confiance envers l’Institut, en plus de nourrir une réflexion plus large : la médecine avance parce qu’on la soutient. C’est grâce au financement que la recherche ouvre sans cesse de nouvelles voies.
Au cours de la conversation, Mme Crevier aborde un enjeu qui la touche de près : la santé cardiovasculaire des femmes. En effet, alors que les connaissances évoluent, les réalités propres aux femmes sont davantage prises en compte. Cette évolution des pratiques confirme, à leurs yeux, la nécessité d’appuyer la recherche à cet égard.
« Plus on comprend, plus on peut intervenir tôt », résume-t-elle.
Soutenir l’Institut, c’est donc contribuer à cette capacité d’anticiper, de mieux diagnostiquer et d’adapter les soins aux réalités de chacun et chacune.
Leur engagement philanthropique repose sur un principe clair. « Quand on reçoit de tels soins, ça devient une responsabilité de s’engager », affirme M. Noël. Mme Crevier abonde d’ailleurs dans ce sens : « Il s’agit d’une responsabilité citoyenne, que l’on exerce à la hauteur de nos moyens ».
Pour ce faire, le couple a choisi le don testamentaire. Ce geste réfléchi permet d’agir à long terme, sans compromettre le présent.
« Il n’y a pas de petit don. Si chaque personne qui a été soignée ici laissait une part, même modeste, l’impact serait considérable. »
Si, pendant longtemps, leurs engagements philanthropiques étaient distincts, au moment de revoir leur testament, une discussion s’est imposée naturellement. Après plus de 50 ans de vie commune, soutenir les mêmes causes devient une évidence pour le couple. Ils harmonisent donc leurs volontés et augmentent la part consacrée à la cardiologie.
« Maintenant, nous sommes engagés ensemble. »
Ils le rappellent avec simplicité : un testament se révise. Les priorités évoluent, les réalités changent en cours de vie et leur démarche s’inscrit dans cette continuité. Contribuer à l’avenir des soins cardiovasculaires représente, pour eux, une façon de transformer la gratitude en action.
Si le cœur d’Andrée et de Valère pouvaient parler, voici ce qu’il nous dirait :
« Merci, tout simplement. Merci d’allonger nos vies, ma vie. » M. Noël ajoute, avec émotion : « Merci de me l’avoir laissée. »