Daniel Lamarre

Le Cirque du Soleil et la Fondation : 25 ans de créativité

Témoignage / 04.08.2025
Pleins feux sur un partenariat inspirant, né d’un même désir : celui de toujours explorer pour sortir des sentiers battus.
Daniel Lamarre

Cet article est tiré de la cinquième édition du magazine de la Fondation.

Le 4 septembre 2025, la 25e édition du Bal des Grands Cœurs, qui se tiendra au Marché Bonsecours, marquera du même souffle un quart de siècle de collaboration fructueuse entre les artisans du Cirque du Soleil et ceux de l’Institut de Cardiologie de Montréal. 

Très impliqué au sein des deux organisations, Daniel Lamarre, président et chef de la direction du Cirque du Soleil de 2000 à 2021 et maintenant vice-président exécutif du CA du Groupe Cirque du Soleil et président du CA de la Fondation de l’ICM, a accepté de nous parler des liens indéfectibles qui unissent la créativité artistique et scientifique.

À l’origine du Bal des Grands Cœurs : offrir une couleur artistique

En 2001, quand Daniel Lamarre se joint au Cirque du Soleil, il siège déjà au CA de la Fondation de l’ICM depuis sept ans, un engagement envers la cause qu’il qualifie de naturel : « il y a plusieurs personnes touchées par les maladies cardiovasculaires dans ma famille – ma mère, mon père, mon fils, des oncles et des tantes. Quand ça te touche personnellement, l’implication bénévole et philanthropique va de soi. Il y a une motivation supplémentaire, une volonté qui ne s’épuise jamais », confie-t-il. 

Alors qu’il commence sa carrière au Cirque, le comité de marketing de la Fondation de l’ICM, qu’il dirige à l’époque, développe l’idée d’organiser un grand bal. « France Chrétien Desmarais, Gaétan Frigon et moi, nous nous sommes dit qu’il serait bien de créer un événement public pour rassembler les philanthropes et le personnel soignant. Nous voulions offrir une tribune à la Fondation pour lui permettre de rayonner. Puis l’idée de faire du Bal des Grands Cœurs le premier bal de la rentrée montréalaise, qui lancerait la saison des bals dès septembre, a mené à celle de créer quelque chose de vraiment particulier et d’unique, en y intégrant un spectacle d’envergure pour donner une couleur artistique à l’événement, une vitalité différente », se souvient-il.

L’art du cirque, vecteur d’émotions

L’art du cirque, par la grandeur de ses moyens d’expression à la fois ludiques, oniriques et immersifs, a le pouvoir de transcender les émotions vives liées à la cause. Quand on lui demande  quel est le rôle que le divertissement proposé par le Cirque du Soleil peut venir jouer dans l’esprit philanthropique et la cause des maladies cardiovasculaires, l’homme d’affaires se montre sensible : « le lien le plus important, c’est l’émotivité. La charge émotive liée à cette cause, elle est palpable, immense. Et le contenu artistique est là pour communiquer et véhiculer des émotions, au-delà des mots, avec une puissance égale. C’est pour cette raison qu’il y a, je crois, une relation intime entre les deux », ajoute-t-il.

Cette relation s’est grandement resserrée au cours des 25 dernières années, selon M. Lamarre : « au départ, pour les artisans du Cirque, la prestation du Bal était une commande qui venait de la Fondation et qu’ils remplissaient. Au fil des ans, l’équipe du Cirque a adhéré à la cause. Aujourd’hui, les artisans se sentent intimement engagés. Ça les nourrit artistiquement et il y a de plus en plus de liens entre le contenu proposé et l’événement dans lequel il s’inscrit ».

Selon Isabelle Rousseau, directrice des événements de la Fondation et impliquée depuis 18 ans dans l’organisation du Bal, cet échange fructueux entre le Cirque et l’Institut revêt aujourd’hui un caractère unique : « depuis les trois dernières années, il y a eu des changements majeurs dans la relation avec les équipes créatives. Avant, les performances du Cirque étaient tirées de spectacles préexistants, tandis qu’aujourd’hui, c’est du sur-mesure. En amont, nous amenons la cause, l’essence même de notre mission pour créer ce moment central dans la soirée, attendu par tous, qui reflète ce que nous faisons à l’ICM. Quand le spectacle commence, les gens deviennent silencieux. Ils reçoivent cette charge émotive particulière et se retrouvent dans une disposition qui permet ensuite les échanges et stimule les discussions. L’art du cirque est un véhicule exceptionnel et un liant puissant. Nous sommes très chanceux de pouvoir compter sur un partenariat aussi riche, car c’est rare et précieux », exprime-t-elle.

Création artistique et scientifique : une quête commune de nouveauté

L’art et la science, malgré les apparences, ne sont pas comme chien et chat ; un lien immuable, même ténu, les pousse toujours à avancer en synergie, tout près l’un de l’autre. Daniel Lamarre explique : « par mon implication auprès de la Fondation et mon métier, je suis en mesure d’apprécier les deux processus de création, qu’il s’agisse d’innovation scientifique ou artistique. Dans les deux cas, tout part d’un mandat. Dans le cas du Cirque, c’est celui de créer un nouveau spectacle novateur, qui repousse les limites. Dans le cas de la recherche scientifique menée à l’ICM, il s’agit de développer des innovations qui améliorent les pratiques. Je crois qu’au centre des deux démarches, on retrouve la notion de recherche, d’exploration. Même s’il s’agit de secteurs différents, il existe une volonté d’innover qui est constante, vitale. Un désir de faire plus, de faire mieux, d’aller vers des terrains inconnus, animés par une curiosité toujours renouvelée. » 

Sur une même note, Isabelle Rousseau croit que ces deux modes d’expression – artistique et scientifique – puisent leur énergie d’une source commune : « c’est la même chose : c’est une posture, un regard, une volonté de repousser les limites et de trouver les manières d’y arriver. Je crois que, par notre posture toujours tournée vers l’innovation, l’ICM attire d’autres organisations qui, comme le Cirque, ont le désir de changer la vie des gens, que ce soit par les arts ou les sciences. Notre cohésion est instinctive, naturelle, parce que nous tendons vers un même idéal », illustre la directrice.

Une force d’innovation sans frontières

Si le Cirque du Soleil, joyaux québécois, brille si intensément à l’international, c’est sans contredit grâce à sa force d’innovation singulière, laquelle définit aussi, selon M. Lamarre, l’Institut de Cardiologie de Montréal. « À travers les années, l’Institut s’est bâti une réputation mondiale exceptionnelle. Il est devenu un leader et un modèle à suivre, par sa capacité à défricher et à faire avancer la médecine cardiovasculaire. Récemment, je suis allé visiter la clinique Mayo, dans le Minnesota – un centre hospitalo-universitaire qui a été classé meilleur au monde par le Newsweek en 2024. Quand le médecin qui m’accompagnait m’a fait faire le tour dans chaque département, il me disait : “dans cette spécialité, nous sommes les meilleurs”. Puis, quand nous sommes arrivés en cardiologie,  il m’a dit : “ là, je dois vous dire que tout ce que vous allez voir ici a été inventé chez vous, à l’Institut de Cardiologie de Montréal. C’est là que se trouve le foyer créatif en matière de cardiologie.” Je crois que c’est une démonstration indéniable de la place unique que l’ICM occupe à l’échelle internationale », illustre-t-il.

En regard de sa collaboration au Bal des Grands Cœurs, de quoi Daniel Lamarre est-il le plus fier? La réponse qu’il nous offre, à l’image des arts pour lesquels il se passionne, émeut et étonne : « je sais que les médecins sont souvent pudiques et qu’ils n’osent pas dire ce que je vais dire, mais quand j’ai visité l’ICM pour la première fois, en 1997, j’ai été envahi par une émotion à la fois simple et profonde. Celle de savoir qu’ici, on sauve des vies. On l’oublie, mais moi, quand je vois une personne sortir de l’Institut, une personne guérie, avec une qualité de vie retrouvée, c’est ce qui me rend le plus fier. Et c’est ce que les équipes soignantes de l’ICM font tous les jours ».

Par ces mots, portés par une sensibilité et une capacité à exprimer toute la profondeur du réel pour nous la faire ressentir, qualités qui sont l’apanage des artistes, Daniel Lamarre arrive à faire briller le travail colossal et essentiel qui, tous les jours, se déploie sans artifices à l’intérieur des murs de l’ICM – une nouvelle preuve que le fruit de la collaboration précieuse entre le Cirque et la Fondation est plus grand que la somme de ses parties.

« Quand j’ai visité l’ICM pour la première fois, en 1997, j’ai été envahi par une émotion à la fois simple et profonde. Celle de savoir qu’ici, on sauve des vies. »
[Daniel Lamarre]

Le coeur d'Isabelle

Si le d’Isabelle pouvait parler, voici ce qu’il nous dirait :

« J’éprouve une immense fierté à travailler pour cette institution de classe mondiale et à mettre sur pied des événements qui témoignent de la vision créative de nos équipes. Collaborer avec des collègues dévoués pour changer l’avenir de la médecine cardiovasculaire est un honneur. Chaque jour, je suis inspirée par la passion et l’ambition qui animent cette équipe exceptionnelle. »

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